Digitis
David Bertrand ·

J'ai sorti ma messagerie de Google, puis je l'ai automatisée

J'ai quitté Gmail pour une messagerie souveraine, puis automatisé le tri de mes emails avec l'IA, sans la laisser répondre à mes clients.

IA 4 min de lecture
Tri automatique et organisation d'emails dans des dossiers, infrastructure souveraine européenne, sans GAFAM

On ne pense jamais à sa messagerie. Elle est là, elle marche, on l’ouvre cinquante fois par jour sans se poser de question. Jusqu’au moment où on se demande où vivent vraiment tous ces emails, et qui peut les lire. Pour Digitis, j’ai fini par me poser la question. Puis j’ai déplacé ma boîte hors de Google. Et ensuite, je suis allé plus loin : je l’ai laissée se trier toute seule. Avec une limite que je n’ai jamais franchie.

Pourquoi j’ai sorti ma messagerie de Google

Ma boîte professionnelle tournait sur Google Workspace. Pratique, rapide, tout le monde connaît. Le problème n’est pas la qualité de l’outil, il est ailleurs : Google est une entreprise américaine, et le modèle repose sur la donnée. Tant qu’on y reste, on dépend d’un acteur dont le métier consiste à exploiter l’information, et dont les serveurs tombent sous le coup de lois américaines même quand les données sont en Europe.

Pour une boîte qui héberge des échanges clients, des devis, des contrats, ça compte. Alors j’ai migré vers Infomaniak, un hébergeur suisse indépendant qui ne vit pas de la publicité et dont les données restent en Suisse. La bascule a été plus simple que je le craignais : on récupère les emails, les dossiers, les signatures, et pour mes correspondants, rien ne change. La même adresse, juste une infrastructure différente derrière. C’est exactement ce service de migration que je propose maintenant à mes clients, parce que beaucoup me le demandaient.

Puis je l’ai laissée se trier toute seule

Une fois la messagerie au propre, une autre frustration est revenue : le temps passé à trier. Ouvrir, lire, classer, supprimer, recommencer. Des dizaines de minutes par jour qui ne servent ni mes clients, ni mon métier.

Alors j’ai construit un système qui s’en occupe. Chaque email qui arrive est lu par une IA qui décide s’il demande une action, s’il est juste informatif, ou s’il s’agit d’indésirable, et le range dans le bon dossier. Les factures fournisseurs qui arrivent en PDF sont lues, leur montant et leur fournisseur extraits, et la facture est créée directement dans ma comptabilité, sans que je recopie une seule ligne. Les emails douteux, fausses factures ou tentatives d’arnaque au virement, sont mis de côté avant que quelqu’un ne clique par réflexe.

Le matin, j’ouvre une boîte déjà rangée. L’urgent est devant moi, le bruit a disparu. C’est exactement ce traitement automatique que je propose aussi, parce que je le fais tourner sur ma propre boîte depuis des mois avant de le confier à qui que ce soit.

La ligne que je n’ai pas franchie

Voilà le point qui compte le plus pour moi. Mon IA trie, classe, prépare, traite des factures, repère le suspect. Mais elle ne répond jamais à un client à ma place. Jamais.

Pourtant, techniquement, je saurais le faire. Brancher un modèle qui rédige des réponses convaincantes à la place de l’humain, c’est à ma portée. Je ne le fais pas, et je ne le proposerai pas. Quand un client écrit à mon entreprise, il mérite une vraie réponse, d’une vraie personne qui connaît son dossier. Le jour où une machine répond à sa place sans qu’il le sache, on a cassé quelque chose qui ne se répare pas.

C’est ma façon de voir l’intelligence artificielle, et elle guide tout ce que je construis chez Digitis. L’IA est là pour absorber la corvée invisible et me rendre du temps. Pas pour s’intercaler dans la relation. Elle gagne du temps, elle ne prend pas la parole.

Ce que ça change, concrètement

Mis bout à bout, ça donne une chaîne entière qui ne dépend plus des géants américains : l’hébergement de la messagerie en Suisse, le traitement des emails sur une infrastructure européenne que je gère, et même le reste de l’outillage qui suit la même logique. Pas par dogme, par une suite de décisions très terre à terre où la question n’était jamais « est-ce souverain ? » mais « est-ce que je veux encore dépendre de ça ? ».

Je ne prétends pas que tout le monde doive le faire du jour au lendemain. Mais si vous dirigez une entreprise qui traite de la donnée client, la question du « où vivent mes emails » et du « qui les lit » mérite d’être posée. Et celle du « qu’est-ce que je veux vraiment automatiser » aussi. La bonne réponse n’est pas tout déléguer à une machine. C’est lui donner les corvées, et garder pour soi ce qui fait la valeur d’une relation.

Si le sujet vous parle, parlons-en. Je vous dirai franchement ce qui vaut le coup chez vous, et ce qui doit rester entre vos mains.